Homélie de l’abbé Pierre AMAR, Conseiller Religieux de la Province, en la cathédrale ND de Chartres.
Dimanche 6 octobre 2013

Demandez le programme, mes amis, demandez le programme pour être heureux ! Pas juste content ou réjoui hein ? HEU-REUX ! D’une joie et d’un bonheur que personne ne pourra jamais nous enlever.

De quel programme s’agit-il ? Mais celui de notre pèlerinage ! Celui qui est tout entier présenté, décliné, déroulé dans le chant de la promesse : « je suis faible, tum’aimes, je maintiendrai ». C’est sur ces 3 expressions
que je voudrais revenir avec vous.

1 . Je suis faible !

Une expérience que nous faisons tous, et tous les jours. Oui moi aussi comme prêtre, j’expérimente ce que Saint Paul disait il y a déjà bien longtemps : « malheur à moi, je ne fais pas le bien que je voudrais faire ! ». Il n’y a pas ici dans cette cathédrale le rassemblement des meilleurs, il n’y a que des hommes et des femmes, des scouts et des guides, des louveteaux et des louvettes qui connaissent leur faiblesse. Derrière les beaux uniformes, les badges, les insignes, les baussants qui flottent avec fierté … bref, derrière les apparences se cachent bien des combats, bien des luttes. Soyons vrais : nous avons tous nos combats intérieurs. Bienheureux ceux qui savent le reconnaître humblement, vraiment, sincèrement ! Mais voilà : on pourrait en rester là et ce serait terrible. Car le désespoir triompherait. Alors, alors on ne s’enlise pas ! Reconnaissons cette faiblesse, confions-la à Dieu et ouvrons-nous à la suite … Et la suite c’est quoi ? Vous devez le savoir ! « Tu m’aimes! ».

2. Tu m’aimes :

C’est le cœur du message ! Tu m’aimes, Seigneur, parce que je suis faible, tu m’aimes d’autant plus que je suis faible ! Il y a quelques jours, un journaliste posait cette question à notre Pape François : « qui êtes-vous Pape François ? ». Le Pape a eu cette réponse lumineuse : « je ne suis qu’un pécheur sur lequel le Seigneur a posé son regard. » Voilà : lui aussi, pauvre pécheur ! Et pourtant il est le Pape ! Mais il a compris (et sûrement bien avant d’être le Pape) que Dieu l’aimait. Infiniment. Totalement. Gratuitement. C’est simple : le bon Dieu est l’inventeur du forfait illimité de l’amour ! C’est sûrement pour cette raison que le Pape a accepté de le suivre, de dire « oui » à cet amour en répondant à l’appel que Dieu lui lançait. Alors il est devenu prêtre. Et puis, parce qu’un « oui » en entraîne d’autres, il a dit « oui » à chaque fois que Dieu l’appelait : d’abord comme évêque puis comme pape. J’aimerais mes amis que vous n’ayez jamais peur de dire « oui » si un jour le Seigneur vous appelait à le suivre ! Comment peut-on dire non à celui qui se fait appeler le Dieu-Amour ? Car alors, rempli de son amour ….

3. Je maintiendrai : c’est notre dernier cri !

Voyez-vous, Il y a vraiment un mot qui ne fait pas partie du vocabulaire chrétien, encore moins du vocabulaire scout, c’est le mot « résignation ». Je maintiendrai, c’est le cri de la persévérance ! Non pas du type droit dans ses bottes qui est têtu comme un mule. Non, tout simplement celui qui – une fois tombé à terre parce qu’il a péché – se relève et reprend sa marche en disant : « on ne lâche rien ! ». Je maintiendrai parce que ma sainteté c’est d’être un pauvre regardé par Dieu, un pauvre qui avance et qui fait de son mieux !

Mes amis, ce soir nous rentrons chez nous, demain c’est lundi … et commence le temps du témoignage : parce qu’être chrétien ça ne commence pas le dimanche, ça commence le lundi ! Lequel d’entre nous aura le courage de dire à ses camarades de classe ou de boulot ce qu’il a fait ce week-end ? Qu’il a vécu un pèlerinage, qu’il a été touché par l’amour de Dieu ? Qu’il a compris qu’il était lui aussi « un pécheur sur qui Dieu a posé son regard » ?

C’est ce témoignage là, simple, auquel le Seigneur nous appelle. Que son amour pour chacun d’entre nous soit loué et chanté ; amen !