Ordinatio Imperii, c’est l’édit qui visait en 817 à régler les conflits de succession potentiels entre les petits-fils de Charlemagne. C’est aussi et surtout, 1200 ans après, le thème du grand jeu de l’année 2017 pour les éclaireurs des Yvelines.

Dès le début d’année, une énigme dissimulée en pleine homélie du pèlerinage de rentrée lance les patrouilles à la recherche de traces et de vestiges carolingiens dans tout le département. En échange d’une photo prise sur place, les unités reçoivent un ou des défis techniques leur permettant de progresser au long de l’année dans un ou plusieurs domaines choisis par leur CT. 

8 mois plus tard, ce sont 18 troupes pleines d’énergie qui se retrouvent à Chartres le jour de l’Ascension pour 3 jours de Grand Jeu. Après une belle messe dans une cathédrale restaurée ayant retrouvé sa blancheur, le fils de Charlemagne, l’Empereur Louis-le-Pieux est sacré et son épée lui est remise sous les « vivas », puis les scouts se répartissent en 3 groupes (les 3 fils de Louis-le-Pieux, concurrents pour le trône), à la recherche de balises (et de vies adverses !) dans 3 grandes zones de jeu entre forêts et berges de l’Eure.

Puis après avoir rendu compte de leurs succès à l’un des Grands du Royaume, ils prennent possession de leur lieu de bivouac, dans le parc du château de La Rivière, un superbe édifice du XVIIème siècle, inchangé depuis sa construction. Le soir, chacune des 3 veillées simultanées permet à chaque camp de revivre l’histoire de l’un des protagonistes qui se sont entre-déchirés dans les années 823 et suivantes. A cette occasion, chaque troupe apporte à brillamment sa pierre à la mémoire collective, qui avait bien besoin d’un petit rafraîchissement !

Les épreuves du vendredi sont nombreuses, à la fois physiques et techniques, avec dès le matin une course de chars extraordinaire (66 chars en concurrence !) qui a vu s’affronter des trésors d’ingénierie et de motivation, malgré un soleil particulièrement présent. Dans une immense prairie aménagée pour l’évènement, les éclaireurs donnent tout et encouragent leurs champions, sous l’œil attentif d’un drone, de trois photographes, de trois vidéastes et du propriétaire des lieux. Même les patrouilles réduites à 3 par les fêtes de familles défendent haut et fort leurs couleurs et ce sont finalement les patrouilles du Léopard (17ème Versailles), de l’auroch (13ème Versailles) et du Bouquetin (3ème Rambouillet) qui finissent sur le podium. 

Après un temps de service de dépierrage (très efficace ; bravo à tous !) et une pause déjeuner bien méritée, les jeux de défis à poste de l’après-midi testent la précision, l’adresse, le bon sens, la rapidité, et la technique de chaque patrouille. Les CT tiennent 18 postes et les patrouilles font leur maximum tout au long de l’après-midi. Certains réussissent à cumuler toutes les épreuves, d’autres non, mais tous concourent de leur mieux et dans la bonne humeur, malgré le soleil de plomb.

La journée se termine par un superbe jeu scénique autour de l’alliance de Lothaire et du Diable, joué par la 7è et la 13è Versailles sous la direction de Philippe Warnan, en présence de la famille de Vitry qui nous accueille. Les jeux de scènes et les dialogues, très efficaces, nous transportent au IXè siècle. Le débarquement des vikings (la 11è nautique, arrivant en radeau sur le grand canal), les feux de bengale pendant les combats et l’arrivée des moines à la lueur des torches sur fond de Kyrie sont des moments marquants, et c’est la tête remplie de ces belles images que les scouts vont se coucher après la prière dans le “grand silence de la nuit” (qui est en réalité très proche d’un repons entre strigidés et batraciens…). 

Le lendemain, après une brève phase de service complémentaire, qui permet aux CT de partager les règles des jeux du jour, Lothaire et ses troupes affrontent ses frères Louis le Germanique et Pépin d’Aquitaine, qui ont finalement pris le parti de Charles le Chauve (fils dernier-né de l’Empereur Louis-le-Pieux, déposé peu de temps avant par Lothaire, avec obligation de confesser publiquement ses péchés). Malgré l’opposition, Lothaire ne cède pas et ses éclaireurs partent en quête de l’épée de Charlemagne, relique qui lui permettrait d’asseoir sa légitimité.

Pour cela, il faut rassembler des indices cachés dans des forts des fils de l’Empereur. Les combats font rage, les troupes de Lothaire avancent, et finalement, c’est une troupe sortie de la zone des combats qui tombe presque par hasard sur le trésor tant convoité. L’épée de Charlemagne, Joyeuse, flotte presque miraculeusement au-dessus de la Porte du Trou de l’Eure… Il faut maintenant trouver les 7 Grands du Royaume pour obtenir leurs sceaux, et un jeu de cache-cache, de relais et de prise de foulards s’engage dans la forêt. Les troupes de Lothaire évitent certains endroits trop bien gardés, et quand le cor résonne pour signifier la fin des hostilités, elles ont obtenu plus de soutiens que celles de l’Empereur, qui n’ont pas réussi à intercepter la relique. Un dernier grand combat déterminera le soutien des 3 derniers Grands : le combat des Trente (non, pas celui de 1351 ! on est plus de 400 ans avant…): trente favoris sont face à face et, au son du cor, s’élancent pour se battre 2 à 2. Pour chaque sceau un combat : d’abord les seconds de toutes les patrouilles, puis les novices (pas les moins combatifs !) et enfin un champion au choix du CP (hors HP).

Au final, c’est le camp de Lothaire qui triomphe ce jour, malgré l’ardeur et la ténacité de celui des autres fils du vieil empereur. Nous entrons donc dans un monde parallèle, puisque dans notre univers, l’histoire ne s’est pas finie ainsi (mais avec le traité de Verdun)…

Après un dernier repas sous les bois, c’est l’heure des adieux et des résultats, sous les couleurs flottant très haut, face au magnifique château. La victoire de Lothaire est célébrée avec joie par ses troupes, mais ce sont des unités du camp adverse qui finissent les mieux classées, et qui bénéficient des applaudissement, du respect et des lots associés à ces rangs. Bravo aux patrouilles du Grand-Duc (5è SQY), du Chamois (1è SQY), et du Jaguar (7è Versailles), et à la troupe 1è St Quentin-en-Yvelines (pour la moyenne des patrouilles) ,ainsi qu’à tous leurs concurrents, non moins valeureux !

Le WE s’achève avec l’efficacité souhaitée : en deux temps et trois mouvements, le camp est levé, les lieux nettoyés et les cars remplis. Chacun rentre avec moultes anecdotes et maintes actions d’éclat à raconter à la maison et lors des prochaines sorties…

Bravo et merci aux organisateurs, l’Archichapelain Vincent et à son Obole, de la part de tous les participants !

Beatus qui prodest quibus potest…

PS – Voici la galerie complète des photos ; n’hésitez pas à demander les photos originales à l’auteur, via agse.yvelines@gmail.com

 

X. de Monneron, le 10 juin de l’an de grâce 2017…